måndag 15 mars 2010

La méthode suédoise

Mon article La méthode suédoise a été publié dans le quotidien La Presse de Montréal le jeudi 27 juillet 2006.

La crise actuelle au Liban a mis en lumière ce volet particulier de la mondialisation: les citoyens d’un pays sont de plus en plus dispersés sur la planète. Comme ce fut le cas à la suite du tsunami de 2004, plusieurs pays occidentaux ont tenté désespérément d’évacuer des milliers de leurs ressortissants.

Le gouvernement de la Suède, le pays occidental le plus durement frappé à l’époque, avait été sévèrement critiqué pour ne pas avoir porté secours avec suffisamment de célérité aux quelque 20 000 Suédois en vacances en Thaïlande. Le résultat: quelque 500 morts.

La gestion de la crise avait suscité de vives critiques. Le gouvernement avait attendu 48 heures après l’annonce du désastre pour intervenir. Plusieurs de ses démarches furent lentes et insuffisantes, et certains fonctionnaires ont même tenté au début de minimiser l’importance du tsunami.

Un gouvernement devrait avant tout protéger la vie et la sécurité de ses citoyens et face à un désastre de cette envergure, l’autorité centrale est la mieux placée pour prendre en main les opérations de secours.

La crise au Liban risquait d’aboutir à un échec similaire. Des milliers de personnes avaient besoin d’être évacuées d’urgence sur un vaste territoire, dans un pays éloigné, au milieu d’un conflit imprévu. La coordination devenait plus complexe en l’absence d’une ambassade suédoise au Liban depuis 2001.

Le gouvernement suédois a été critiqué pour avoir réagi trop lentement et mal ciblé son action au Liban, mais en rétrospective il faut avouer que les choses se sont grandement améliorées. Une semaine après le début de la riposte israélienne, le Canada n’avait évacué que 4000 de ses 30 000 citoyens au Liban et la France n’avait cueilli que 800 des 8000 citoyens qui voulaient être secourus. La Suède avait réussi pour sa part à évacuer 1200 personnes par jour. De fait, l’évacuation des Suédois est presque complétée. Il ne reste que quelques centaines de ressortissants dans les régions les plus dangereuses du sud du Liban.

Pas d’échec possible

Comment expliquer cette amélioration depuis le tsunami? Des responsables clés ont été mutés, en commençant par le ministre des Affaires étrangères, et les dirigeants sont davantage sensibilisés au besoin d’une intervention internationale prompte. Ils sont aussi conscients de la nécessité d’une gestion serrée nécessaire à la réalisation d’une telle intervention.

Grâce à la collaboration de la société de téléphonie cellulaire Telia, des messages textuels dirigeant les ressortissants suédois vers des points d’évacuation ont pu être expédiés au Liban à toutes les personnes inscrites à un réseau mobile suédois. Cette démarche a permis à plusieurs Suédois de se sentir davantage en sécurité, évitant les mouvements de panique et le sentiment d’abandon dans un pays éloigné.

La surveillance accrue du ministère des Affaires étrangères et des organisations de secours par les médias et les citoyens a aussi constitué un facteur important. Personne n’aurait accepté un nouvel échec, et les administrateurs améliorent généralement leur rendement quand ils se sentent surveillés.

Les membres de l’Union européenne ont mieux collaboré entre eux que lors de la catastrophe du tsunami. Des citoyens suédois ont été évacués dans des avions italiens. Le gouvernement a aussi appris que dans de telles situations, il faut délier les cordons de la bourse. Jusqu’à maintenant, l’évacuation a coûté quelque 15,2 millions $ (CDN) aux contribuables suédois.

Cette nouvelle situation- la présence de nombreux citoyens à l’étranger- met en lumière le besoin d’une représentation et de préparatifs gouvernementaux au niveau mondial. Depuis que nous vivons dans des sociétés multiculturelles où plusieurs citoyens visitent la parenté dans leur pays d’origine, de bonnes relations avec ces pays ont une grande importance.

L’enjeu reste valable pour l’avenir. Pourra-t-on espérer une intervention rapide de nos gouvernements dans des situations d’urgence quand nous serons loin de notre pays? Sans coopération internationale accrue, les coûts pourraient être prohibitifs.

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